Jeudi 8 octobre 2009
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J'étais dans le bus, tranquillement assise, plongée dans mes pensées, lorsque le chauffeur a brutalement freiné. S'en est suivi un traditionnel juron « espèce
de c.....d ! » et « c....d de c.....d ! » ( vous trouvez dans le mot masqué un « o » et deux « n » )
Mes pensées pfui ! se sont envolées ! Et boum badaboum ! J'étais cette fois là, bien présente dans ce bus... j'ai donc remarqué qu'en face de moi se trouvaient
assis deux charmants messieurs d'un certain âge. (Enfin, charmants...je le supposais )
Celui en face de moi, à ma droite, se trouvait être d'origine canadienne, - c'est ce qu'il m'apprit. Il parlait parfaitement le français, il vivait en France depuis
soixante ans et je hochais la tête... Mais moi, je ne lui avais posé aucune question ni signifié souhaiter engager la conversation mais bon ! C'est ça les bus : on vous parle tout ça parce que
vous êtes en face ou à côté ! Mon Dieu ! Qu'il parlait... de quoi au juste ? puisque moi, sa vie ne m'intéressait guère... C'est comme ça : si j'avais pu, plus tôt, me faire passer pour
sourde, je l'aurais fait ! Enfin, j'en prenais mon parti ; je hochais la tête comme les chiens oranges en plastique que l'on met à l'arrière de sa voiture ( enfin, « de mon temps, j'en
voyais tout le temps ! » Comme dit la chanson ) et je n'écoutais pas, non, je regardais à travers la vitre, la ville : Paris. Paris, une belle femme, non pas une cocotte, mais « une
femme aux grandes jambes » , comme le disait Ernest avec son accent bavarois ( L'un de mes meilleurs amis allemands décèdés depuis)
Bon, revenons au québecois... Le monsieur à ma gauche s'était mis à lui parler... Dame ! On est dans un bus ! Donc on peut parler à ceux en face ou à côté ! Et à me parler également à ce qu'il me
semblait... vu qu'il me regardait de temps en temps avec ses yeux ronds...ronds et petits... Et il en avait des choses à dire et il prenait un air passionné, celui-là... Mais bon, lui
aussi eut droit aux hochements de tête « oui oui... » et le principal, en ce qui me concernait ( vive l'égoïsme ! ) c'est que je pouvais m'occuper les yeux à goûter aux charmes de
Paris... Puis le voilà, celui en face à ma gauche qui se lève ! salue le québecois, me salue, je fais « au revoir « de la tête. Et hop ! Disparu. Un de moins ! Ai-je pensé et... Mais
je n'ai pas eu le temps de poursuivre ma petite phrase rien que pour moi : voilà t'-y pas mon québecois qui se penche vers moi, l'oeil plein de malice ! De la main, il me tapote le genou ( moi
qui n'aime pas que l'on me tapote le genou ! ) et il me dit:
- Il a du oublier ses dents, je n'ai rien compris !
Je hoche la tête, question d'habitude... mais la phrase avec tous ses mots du « il... jusqu'au compris « et avec le point d'exclamation, rentre cependant
dans ma petite tête.
Alors je pouffe de rire ! Tant et tant que tout le monde me regarde, demande à savoir. Alors je clame :
- Il a du oublier ses dents, monsieur n'a rien compris !
Et mon public chéri rit ! Ah public tant aimé ! Où te trouve-je ? Un peu partout : même dans les bus.
Mon public c'est à dire : une vieille femme édentée, les trois autres hommes étaient tchèques, je suppose, pour ne pas avoir compris. Tchèques ou russes ou
scandinaves ou boslinovaves...
- Il a du oublier ses dents, je n'ai rien compris !
Comme c'est drôle, je trouve ! Pas toi ?
Lara de Vallès