Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 16:03


Des jours comme ça : des jours où on se lève des deux pieds, pas du gauche, ni du droit mais des deux tout en même temps. Pas très réveillé, on trébuche en cours de route et on se rattrape à temps en s'accrochant à la poignée de la salle de bains.
Des jours où on boit trois tasses de café et où on fourre ses gants dans le sac poubelle avec mille pensées dans la tête, toutes les unes plus confuses que les autres... Dehors, il fait froid, on soupire après ses gants - m'enfin... Et puis au distributeur de billets, confusion totale : pas de carte bancaire ni dans le sac à mains ( il s'agit de moi, je possède un sac à mains ! ), ni dans les poches de la veste. "Fichue journée de m...e!"

Et puis voilà quelqu'un qui vous fait signe de l'autre  de l'autre côté de la rue ; il court vers vous et vous tend, fier de sa prise, une carte bancaire, la votre ! Oubliée un peu avant... Et  vous voilà content !

De retour chez vous, en ouvrant le sac poubelles, vous découvrez vos gants - alors là, quelle joie !

Et c'est ainsi que le soir, vous êtes bienheureux : vous avez gagné une carte bancaire et des gants ! Quelque chose de perdu qui revient, ne dit-on pas que c'est gagné, doublement gagné, en Corse ?

                                                                                                                                  Lara de Vallès

Par Lara de Vallès
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 13:39
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vous souhaite Lara.
Par Lara de Vallès
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 18:55

 

C'est l'automne !

Les feuilles tombent...
Sors ton parapluie
et ton bonnet !
Et ouvre les yeux : comme elles sont belles ces couleurs en demi-teintes : du roux, du brun, du vert foncé ...
Et  sens cette odeur de terre mouillée !

Merci Dame Nature !




   

Par Lara de Vallès
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 16:21


Cela faisait un certain temps que je ne l'avais pas vu. Lui, l'homme à la flûte.

La première fois, cela m'a fait sourire : un homme par terre, en pleine rue, jouant affreusement mal de la flûte. Juste à côté de lui, une espèce de béret avec quelques centièmes en guise de pourboire.

Voilà un S.D.F qui joue à l'artiste ! ai-je pensé en ricanant.

Le temps de passer devant lui m'a suffi pour remarquer son application. Une trés grande application. Mais il croit quoi ? Que c'est écoutable, son truc immonde ? me suis-je dit de moi à moi ( C'est fou les conversations privées que j'ai d'un Moi à un autre Moi, répétait Jung à ses patients ). Oui, il le croyait. Oui, il s'accrochait à cette croyance et  une autre également : avec le temps sa musique allait devenir meilleure. Et j'avais pas besoin de le lui demander pour savoir tout ça : son air buté, ses mains accrochées à sa flûte comme s'il s'agissait de la bouée qui le sauvait d'une noyade imminente et ses yeux sombres fixés sur des notes... J'aurais pu passer la main devant ses yeux que ceux-ci auraient lu la partition à travers ma main ! J'aurais tout vu ! me suis-je  encore dit. J'ai haussé des épaules mais ... cet homme avait forcé mon admiration. Il n'avait pas peur du ridicule non plus...  Alors, j'ai fouillé dans mes poches, lui ai donné - non pas une aumône mais un pourboire. Je lui ai dit "merci", c'est ce qui se dit en général à un artiste. J'ai remarqué que le "merci" l'avait fait froncer des sourcils  ( je le perturbais )mais il continuait. Il continuait son espèce de musique, enfin l'alignement de toutes ses fausses notes...

Cette après-midi, je l'ai revu ; sous la pluie, il avait trouvé un petit abri sous un kiosque. Toujours son fameux béret avec quelques piècettes.  Il regardait une partition, - visiblement l'unique qu'il possède, d'un air piteux ; elle était mouillée et pour la sécher il l'agitait devant lui en soufflant dessus. J'ai pensé : " Tiens, ma journée a été bonne, je vais lui donner..." et puis je me suis reprise. Non, il n'aura rien : ce serait une offense pour lui que de recevoir de l'argent alors qu'il ne joue pas !

Qui sait si cet homme réalisera son rêve ? celui de jouer et de bien jouer de la flûte ?



Lara de Vallès 

Par Lara de Vallès
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:21

 

 

J'étais dans le bus, tranquillement assise, plongée dans mes pensées, lorsque le chauffeur a brutalement freiné. S'en est suivi un traditionnel juron «  espèce de c.....d ! » et « c....d de c.....d ! » ( vous trouvez dans le mot masqué un « o » et deux « n » )

Mes pensées pfui ! se sont envolées ! Et boum badaboum ! J'étais cette fois là, bien présente dans ce bus... j'ai donc remarqué qu'en face de moi se trouvaient assis deux charmants messieurs d'un certain âge. (Enfin, charmants...je le supposais )

Celui en face de moi, à ma droite, se trouvait être d'origine canadienne, - c'est ce qu'il m'apprit. Il parlait parfaitement le français, il vivait en France depuis soixante ans et je hochais la tête... Mais moi, je ne lui avais posé aucune question ni signifié souhaiter engager la conversation mais bon ! C'est ça les bus : on vous parle tout ça parce que vous êtes en face ou à côté ! Mon Dieu ! Qu'il parlait... de quoi au juste ?  puisque moi, sa vie ne m'intéressait guère... C'est comme ça : si j'avais pu, plus tôt, me faire passer pour sourde, je l'aurais fait ! Enfin, j'en prenais mon parti ; je hochais la tête comme les chiens oranges en plastique que l'on met à l'arrière de sa voiture ( enfin, « de mon temps, j'en voyais tout le temps !  » Comme dit la chanson ) et je n'écoutais pas, non, je regardais à travers la vitre, la ville : Paris. Paris, une belle femme, non pas une cocotte, mais « une femme aux grandes jambes » , comme le disait Ernest avec son accent bavarois ( L'un de mes meilleurs amis allemands décèdés depuis)
Bon, revenons au québecois... Le monsieur à ma gauche s'était mis à lui parler... Dame ! On est dans un bus ! Donc on peut parler à ceux en face ou à côté ! Et à me parler également à ce qu'il me semblait... vu qu'il me regardait de temps en temps avec ses yeux ronds...ronds et petits... Et il en avait des choses à dire et il prenait un air passionné, celui-là... Mais bon, lui aussi eut droit aux hochements de tête « oui oui... » et le principal, en ce qui me concernait ( vive l'égoïsme ! ) c'est que je pouvais m'occuper les yeux à goûter aux charmes de Paris... Puis le voilà, celui en face à ma gauche qui se lève ! salue le québecois, me salue, je fais «  au revoir «  de la tête. Et hop ! Disparu. Un de moins ! Ai-je pensé et... Mais je n'ai pas eu le temps de poursuivre ma petite phrase rien que pour moi : voilà t'-y pas mon québecois qui se penche vers moi, l'oeil plein de malice ! De la main, il me tapote le genou ( moi qui n'aime pas que l'on me tapote le genou ! ) et il me dit:
- Il a du oublier ses dents, je n'ai rien compris !

Je hoche la tête, question d'habitude... mais la phrase avec tous ses mots du « il... jusqu'au compris « et avec le point d'exclamation, rentre cependant dans ma petite tête.

Alors je pouffe de rire ! Tant et tant que tout le monde me regarde, demande à savoir. Alors je clame :

- Il a du oublier ses dents, monsieur n'a rien compris !

Et mon public chéri rit ! Ah public tant aimé ! Où te trouve-je ? Un peu partout : même dans les bus.

Mon public c'est à dire : une vieille femme édentée, les trois autres hommes étaient tchèques, je suppose, pour ne pas avoir compris. Tchèques ou russes ou scandinaves ou boslinovaves...

 - Il a du oublier ses dents, je n'ai rien compris !

Comme c'est drôle, je trouve ! Pas toi ?


Lara de Vallès

 

Par Lara de Vallès
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